Jusqu’à 25 milliards pour l’un, jusqu’à 40 milliards pour l’autre : à quelques jours d’intervalle, Amazon et Google ont promis des investissements record dans Anthropic.
Le premier injecte 5 Md$ pour commencer et envisage d’en débourser 20 milliards de plus. Le second apporte un financement initial de 10 Md$ et songe à y ajouter 30 milliards.
Ces investissements se sont faits sur la base d’une valorisation à 350 Md$. C’est-à-dire celle qu’Anthropic avait communiquée en février au moment d’officialiser son tour de table de série G (30 Md$).
Des liens tissés en 2023, avec quelques mois d’avance pour Google
Ces capitaux alimentent une logique circulaire : Amazon et Google sont aussi fournisseurs d’Anthropic.
Le premier pas avait été fait en direction de Google. C’était début 2023. Anthropic allait exploiter des clusters de GPU et de TPU. On apprenait qu’en parallèle, Google avait fait son entrée en capital, investissant quelque 300 M$, contre une participation d’environ 10 %. Un montant vraisemblablement intégré dans le tour de table de série C officialisé quelques semaines plus tard (450 M$, Salesforce faisant également son entrée).
Google avait remis au pot à l’automne 2023. Il s’était engagé à injecter jusqu’à 2 Md$, dont, immédiatement, une première tranche de 500 M$. Quelques semaines plus tôt, Anthropic avait frappé à la porte d’Amazon. Celui-ci était devenu son fournisseur cloud principal. Et avait décidé d’investir 4 Md$ (1,25 Md$ dans un premier temps ; le reste serait débloqué en mars 2024). Le tout sans exiger de place au conseil d’administration. En toile de fond, une enquête de l’autorité de la concurrence américaine, qui s’intéressait précisément à ses relations avec Anthropic.
Microsoft et NVIDIA également dans l’affaire
En 2024, Google fut plus « discret » sur le volet des financements. Amazon avait quant à lui signé un nouveau chèque de 4 Md$. À l’étiquette de « cloud provider principal », il avait ajouté celle de « principal partenaire d’entraînement ». En ligne de mire, une collaboration avec Annapurna Labs (division issue d’une acquisition) sur les futures puces Trainium.
En mars 2025, au moment de l’annonce du financement de série E (3,5 Md$, sur une valo de 61,5 Md$, avec participation de Cisco notamment), des documents communiqués à la justice américaine dans le cadre d’une enquête antitrust contre Google avaient révélé que ce dernier possédait 14 % d’Anthropic. Mais qu’il n’avait ni droits de vote, ni siège au conseil d’administration, et que sa participation était plafonnée à 15 %. Il était aussi question d’un éventuel investissement supplémentaire de 750 M$, en dette convertible.
En octobre 2025, au sortir de son tour de table de série F (13 Md$ ; valo à 183 Md$), Anthropic déclarait étendre son utilisation des technologies de Google. Cela comprendrait « jusqu’à 1 million de TPU », pour une valeur estimée à « des dizaines des milliers de dollars ». Premier objectif : mettre en service « plus de 1 GW » de capacité en 2026.
Début novembre, on apprenait que Google souhaiterait investir davantage dans le cadre du prochain tour de table. Celui-ci serait annoncé en février 2026, pour un montant de 30 Md$ et une valorisation de 350 Md$. Une partie des capitaux proviennent de NVIDIA et de Microsoft. Le premier s’était dit prêt, fin 2025, à injecter jusqu’à 5 Md$. Le second, 10 Md$, tandis qu’Anthropic promettait d’acquérir pour 30 Md$ de capacité de calcul sur Azure.
Anthropic n’oublie pas – tout à fait – l’Europe
Le deal à 40 Md$ avec Google implique la fourniture à Anthropic de 5 GW de capacité sur 5 ans. Il s’inscrit dans le prolongement du partenariat compute communiqué début avril, avec Broadcom dans la boucle. Anthropic parlait alors de mettre en service, à partir de 2027, plusieurs GW en TPU. La majorité aux USA, où il s’est engagé à investir plus de 50 Md$ (construction de datacenters à New York et au Texas avec Fluidstack).
Il est question de la même capacité dans le cadre de l’accord à 25 Md$ avec Amazon. Dont du Trainium2 ce trimestre, puis « près de 1 GW » sur le reste de l’année. Anthropic se projette sur 10 ans. Il dit avoir l’intention d’investir, d’ici là, « plus de 100 Md$ » dans les technos AWS, « de Graviton à Trainium4 ». Et d’étendre l’empreinte de son infrastructure d’inférence en Europe. Il prévoit aussi, à une échéance non définie, d’intégrer la « plate-forme Claude » dans AWS (« même compte, mêmes contrôles, même facturation »).
Illustration générée par IA
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