La Fondation Linux héberge désormais DNS-AID.
Ce projet vise à exploiter le DNS en tant qu’annuaire décentralisé pour les agents IA. L’entreprise américaine Infoblox en est à l’origine.
DNS-AID (DNS AI Discovery) fait l’objet d’un brouillon IETF. Dans la première version, publiée en octobre 2025, il s’appelait encore BANDAID (Brokered Agent Network for DNS AI Discovery). Les bases étaient toutefois posées : il s’agissait de définir un modèle d’utilisation des espaces de noms et des enregistrements DNS – SVCB, en premier lieu – pour l’échange de métadonnées et la déclaration de capacités.
Ce premier draft avait 4 signataires, d’Infoblox, de Deutsche Telekom et de l’IEEE. Dans la dernière version, datée du 27 mai 2026, s’en est ajouté un cinquième, d’Amazon.
Deux mécanismes de découverte, du « zero trust par défaut »
Quoique non officiellement membre du projet hébergé par la Fondation Linux, Amazon contribue au développement de l’implémentation de référence de DNS-AID. Son dépôt GitHub est ouvert depuis janvier. Les trois mainteneurs désignés travaillent chez Infoblox.
Cette implémentation suit deux scénarios de découverte : un où on connaît à la fois l’organisation et l’agent fournissant une capacité donnée ; l’autre où on ne connaît que l’organisation.
Dans l’un ou l’autre cas, une fois qu’un client a pris connaissance des agents, toutes les transactions peuvent exploiter le premier scénario, grâce à la mise en cache des informations de connectivité ou à leur apprentissage via une skill.
La découverte se fait soit purement par DNS (par défaut), soit par l’intermédiaire d’un index HTTP.
L’approche DNS fonctionne lorsqu’on connaît le domaine cible. Elle a l’avantage de fonctionner avec une liste en mémoire (à laquelle on applique des prédicats Python). Et de faire intervenir des vérifications JWS et DNSSEC. Ses grandes étapes :
Consultation de l’index des agents et des protocoles associés
Pour chaque agent, consultation de l’enregistrement SVCB
Si un URI de fichier de capacités est présent, récupérer ce fichier (JSON)
Sinon, récupérer les capacités dans un enregistrement texte
La deuxième option utilise un index en JSON localisé dans le répertoire .well-known. La source de vérité est alors un annuaire en back-end. Elle convient lorsqu’on ne connaît pas le domaine cible. Ou qu’on souhaite exploiter des signaux interdomaines (scores de sécurité, de confiance, de popularité…) que le DNS seul ne peut fournir.
Hormis Infoblox UDDI et NIOS, DNS-AID peut exploiter CloudFlare, AWS Route 53, Google Cloud DNS, IBM Cloud DNS… et tout serveur conforme RFC 2136.
L’intégration avec les frameworks agentiques peut se faire via la bibliothèque Python ou via MCP (publication et recherche d’agents, validation DNSSEC et DANE).
DNS-AID n’est pas seul sur le créneau
Décentralisé, DNS-AID se distingue ainsi d’initiatives comme ANS de GoDaddy. Par rapport au couple A2A + UDP de Google, il a l’avantage d’une découverte « universelle » (pas seulement via Google). Et il n’implique pas de frais de domaine, au contraire du gTLD .agent que prépare l’ICANN. Quant aux options ai.txt et llm.txt, elles n’offrent pas de vérification d’intégrité.
Quelques fonctionnalités intégrées sur l’implémentation de référence, dans l’ordre chronologique d’ajout :
Gestion des cartes A2A
API et serveur MCP de diagnostic
Mise en place de la chaîne de vérification des capacités (document JSON -> carte A2A -> index HTTP -> enregistrement TXT)
Compilation de documents de politiques JSON en RPZ
Intégration avec Infoblox Threat Defense pour le contrôle d’accès au niveau DNS (intégration de domaines bloqués dans des listes nommées et association de ces listes à des politiques de sécurité)
Streamable HTTP par défaut sur le client MCP du SDK (au lieu du POST JSON-RPC)
Finalisation de l’intégration OpenTelemetry
Illustration générée par IA
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