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En partenariat avec Sanofi et l'IAB, des chercheurs du CEA-Leti sont parvenus à améliorer la réponse immunitaire à un antigène qui pourrait être utilisé pour un vaccin universel contre la grippe. Une méthode reposant sur les Lipidots®, des nanoparticules lipidiques développées par le CEA-Leti.
Selon l'OMS, la grippe provoque, chaque année, 290 000 à 650 000 décès. C'est pourquoi il est recommandé, en particulier aux personnes de plus de 65 ans, de se faire vacciner contre la maladie.
Une approche qui implique la nécessité de se refaire vacciner chaque année et qui s'avère inadaptée en cas de pandémie, caractérisée par de fortes mutations au sein du virus.
Une meilleure solution consisterait donc à pouvoir cibler une autre partie du virus, plus stable. C'est le cas du peptide « M2e », un fragment de la protéine M2 qui varie peu d'une souche à l'autre et à travers le temps, représentant ainsi un candidat a priori idéal pour un vaccin universel. Malheureusement, contrairement à l'hémagglutinine, le M2e présente une immunogénicité insuffisante : il provoque une réponse immunitaire trop faible.
Dans le cadre d'une thèse CIFRE réunissant Sanofi, le CEA-Leti et l'Institut pour l'Avancée des Biosciences (IAB), Louis Bourlon visait précisément à améliorer l'immunogénicité du M2e, en vue de mettre au point un vaccin universel contre la grippe. Un objectif qui reposait sur une technologie développée depuis plus de 15 ans au CEA-Leti : lesLipidots®.
Le procédé de fabrication est simple, reposant sur des forces de cisaillement permettant une mise à l'échelle industrielle facilitée en les préparant par un procédé connu du domaine, l'homogénéisation à haute pression. Une méthode améliorant la réponse immunitaire au M2e
L'enjeu majeur de la thèse résidait autour de la question suivante : comment greffer le M2e sur des Lipidots® de façon contrôlée, tout en préservant la structure naturelle du peptide ? Une réponse apportée par une méthode portant le nom de « chimie click ».
Les testsin vitroetin vivoont confirmé que la méthode permettait d'augmenter l'immunogénicité du M2e. En effet, les chercheurs ont constaté une forte amélioration de la réponse immunitaire grâce à la vectorisation du M2e par les Lipidots, en mesurant la présence et la qualité des anticorps et des lymphocytes T.
Durant ces travaux, d'autres formulations de Lipidots®, dits cationiques, ont été employé afin de vectoriser un adjuvant. Au cours de précédents projets, ces derniers ont démontré leur valeur ajoutée dans des applications en santé humaine et vétérinaire, telles que la vectorisation d'acides nucléiques. Ainsi, des résultats précliniques particulièrement prometteurs chez différents modèles ont été obtenus lors de vaccinations employant de l'ARN messager (ARNm) complexé aux Lipidots®. Contrairement à l'encapsulation de l'ARNm par les LNP classiques, qui est complexe à maîtriser, la complexation entre l'ARNm et les Lipidots® s'effectue par un simple mélange extemporané. Cette technologie, couverte par 15 brevets, possède également un procédé de fabrication optimisé permettant une production industrielle à grande échelle, sans solvant.