工业人工智能最终(几乎)被豁免于AI法案

L’IA industrielle finalement (quasi) exemptée d’AI Act

Silicon.fr by Clément Bohic 2026-05-11 13:04 Original
摘要
欧盟理事会与欧洲议会就《数字综合法案》达成妥协,核心是将工业人工智能从《人工智能法案》的高风险条款中豁免,改由机械法规的授权法案保障安全,同时将高风险AI系统的合规期限推迟至2027年底至2028年8月。德国总理默茨及中右翼党团推动此举以减轻工业负担,但生成式AI内容标注的宽限期缩短为三个月,且高风险系统登记例外被驳回。

欧盟数字综合法案(omnibus numérique)历经多轮三方会谈终获妥协,核心症结——工业人工智能的监管归属——以部分豁免加安全护栏的方式解决。

德国在此次博弈中扮演关键角色。总理弗里德里希·默茨力主将工业AI排除在《AI法案》直接适用范围之外,这一立场与其执政伙伴相左,也与欧盟理事会3月中旬确定的谈判方针背道而驰。欧洲议会内,中右翼的欧洲人民党党团(PPE)在复兴欧洲党团部分力量支持下,亦推动同一路线。

最终达成的方案是:工业AI被移出《AI法案》主要约束范围,但附有明确保障。具体操作系通过调整法案附件一实现。该附件罗列了作为协调法的部门指令和条例,分A、B两节:适用A节立法的系统须遵循高风险AI系统的绝大部分规定,而B节则免于此义务。原属A节的《2006年机械指令》将被整体移至B节,从而使该领域与民航、船用设备、农林车辆等产业一样,不再直接受《AI法案》严苛条款的约束。

安全保障将通过《机械法规》框架下的授权法案落实。这些法案将引入与高风险AI系统相当的健康与安全特定要求。与此同时,欧委会还须针对其他行业出台执行法案,以杜绝对已受行业协调法充分覆盖的系统重复适用《AI法案》的情形。

围绕高风险AI系统的合规时间表也得到明确。欧委会最初提议将相关规定最多延后16个月实施,共同立法者全盘采纳这一缓冲期:独立的AI系统合规日期推迟至2027年12月,而作为产品安全组件嵌入的系统则延至2028年8月。但关于AI生成内容的标识义务,欧委会所提的6个月宽限期被缩短为3个月。

一度被欧委会纳入考量的高风险系统登记豁免最终未被接受。欧委会曾设想,若供应商认定自身系统不会对健康、安全或基本权利构成重大损害风险,即可免于在欧盟数据库中登记。议会则坚持认为,登记是市场监督之必需,因此法案未添加此项例外。

在监管权限划分上,议会同样拒绝了欧委会赋予AI办公室排他性权力的主张。欧委会原本希望由其下属的AI办公室独占对同一供应商开发的、基于通用AI模型的大部分系统的监督权。议会决定保留成员国相关机构的权能,执法机关、海关、金融监管部门等将在特定情形下继续行使职权。

针对“安全组件”这一定义,议会也注入更细致的解释。《AI法案》规定,系统若要被归入高风险类别,须满足多个累积条件,其中之一是作为受协调法覆盖产品的安全组件使用。议会明确,仅凭集成关系不足以认定AI系统实际执行安全功能。纯粹用于用户辅助、性能优化、自动化流程或与安全无关的质量控制等功能,只要其失效不会直接引发生命健康或安全风险,便不被视为安全组件。

此外,监管沙盒的部署期限被整体推后一年,各成员国原需在2026年8月前建成至少一个可运行沙盒,现延至2027年8月。与之相关联的,为检测和纠正偏见而处理敏感数据的规定得以保留,但附加了“严格必要”的前提条件。

Summary
EU lawmakers agreed to exempt industrial AI from most AI Act high-risk obligations, shifting safety requirements to delegated acts under machinery legislation, following pressure from Germany’s Chancellor Friedrich Merz and the EPP group. The deal delays core high-risk provisions to end-2027 and regulatory sandboxes to August 2027, while retaining national oversight and clarifying that user-assistance features are not automatically safety components. This significantly reduces compliance burdens for machinery and manufacturing sectors, but maintains database registration for high-risk systems and extends deadlines for content labeling.

EU institutions have reached a compromise on the digital omnibus package, settling a protracted dispute over the AI Act’s application to industrial AI. Germany, led by Chancellor Friedrich Merz and supported by the EPP and part of Renew Europe, pushed for a full carve-out—a stance that clashed with the Council’s initial negotiating mandate. The final deal grants Berlin a partial victory: industrial AI will be largely shielded from the AI Act’s high-risk requirements, but with safeguards in place.

The legal sleight of hand comes via the AI Act’s Annex I, which lists EU harmonisation legislation. Systems covered by rules in Section A of that annex are subject to most high-risk provisions; those under Section B are not. The 2006 Machinery Directive was originally in Section A. The omnibus now moves it to Section B, exempting the sector from the bulk of the AI Act—putting it alongside civil aviation, marine equipment, and agricultural vehicles. To compensate, the European Commission will adopt delegated acts under the machinery legislation, embedding health and safety requirements equivalent to those the AI Act would otherwise impose. For other sectors, implementing acts will limit overlap between the AI Act and existing harmonisation rules.

Timelines are also being stretched. The core high-risk provisions for standalone AI systems will now apply from December 2027, and from August 2028 for systems integrated as safety components in products. The Commission had initially sought a maximum 16-month delay.

On registration, the Parliament blocked a proposed exemption. All high-risk AI systems listed in Annex III—covering biometrics, critical infrastructure, employment, justice, and more—must still be recorded in an EU-wide database. Lawmakers deemed the obligation essential for market surveillance, rejecting the Commission’s idea of exempting systems providers considered low-risk.

Jurisdictional tensions between the Brussels-based AI Office and national authorities were also resolved. The Commission will not gain the exclusive oversight powers it sought over AI systems based on general-purpose models from a single provider. National bodies—including law enforcement, customs, and financial regulators—will retain competence in certain cases.

The text sharpens the definition of “safety component.” Merely being embedded in a product covered by harmonisation legislation does not automatically classify an AI system as a safety component. Functions intended solely for user assistance, performance optimisation, automation, or non‑safety quality control are excluded, provided their failure does not directly create health or safety hazards.

Additional adjustments include a one-year postponement for regulatory sandboxes: member states now have until August 2027 to set up at least one operational sandbox, instead of August 2026. The Commission’s plan to allow sensitive data processing for bias detection and correction survives, but only where strictly necessary. Meanwhile, a grace period for complying with AI‑generated content labelling obligations has been set at three months, not the originally discussed six.

Résumé
L’accord sur l’omnibus numérique entre le Conseil de l’UE et le Parlement européen exempte largement l’IA industrielle de l’AI Act, une concession obtenue par l’Allemagne de Friedrich Merz, en la déplaçant vers une annexe moins contraignante, avec des garde-fous via des actes délégués. Il repousse de plus d’un an l’application des règles pour les systèmes d’IA à haut risque (décembre 2027 ou août 2028) et prolonge d’un an le délai des bacs à sable réglementaires, tout en maintenant l’obligation d’enregistrement et en clarifiant les compétences entre le Bureau de l’IA et les autorités nationales.

Le Conseil de l’UE et le Parlement européen ont fini par trouver un accord sur l’omnibus numérique.

Il aura fallu plusieurs trilogues pour aboutir à ce compromis. Le principal point bloquant était le sort de l’IA industrielle. L’Allemagne, en particulier, voulait l’exclure du champ d’application directe de l’AI Act. En tout cas son chancelier Friedrich Merz, qui s’inscrivait à rebours de son partenaire de coalition… et de la position de négociation que le Conseil avait adoptée mi-mars. Au Parlement, le groupe PPE (Parti populaire européen, centre-droite) a prôné cette même ligne, avec l’appui d’une partie du groupe Renew Europe.

Pas d’AI Act, mais des « garanties de sûreté et de sécurité »

Berlin a obtenu partiellement gain de cause : l’IA industrielle se retrouve exclue… avec des garde-fous.

L’AI Act liste, en son annexe I, des législations d’harmonisation (directives et réglements sectoriels).

Cette annexe se divise en deux sections. Les systèmes couverts par les législations figurant dans la section A sont soumis à l’essentiel des dispositions de l’AI Act concernant les systèmes classés à haut risque. Ceux couverts par la section B ne le sont au contraire pas.

L’AI Act a placé la directive de 2006 sur les machines dans la section A. L’omnibus numérique va la faire glisser dans la section B. Et ainsi exempter ce secteur de l’essentiel du règlement, au même titre que l’aviation civile, les équipements marins, les véhicules agricoles et forestiers, etc.

Les garde-fous prendront la forme d’actes délégués au titre de la législation sur les machines. Ils permettront d’intégrer des exigences spécifiques en matière de santé et de sûreté, équivalentes à celles que l’AI Act impose pour les systèmes classés à haut risque.

En parallèle, la Commission européenne devra adopter des actes d’exécution pour les autres secteurs. Ils auront pour effet de limiter l’application de l’AI Act dans les cas où il ferait double emploi avec la législation d’harmonisation.

Le cœur de l’AI Act reporté à fin 2027

Dans sa proposition d’omnibus numérique, la Commission européenne envisageait de reporter de 16 mois maximum l’entrée en application des dispositions concernant les systèmes d’IA classés à haut risque.

Les colégislateurs ont retenu ce délai : pour les systèmes d’IA autonomes, les dispositions en question ne s’appliqueront qu’en décembre 2027. Ce sera même en août 2028 pour ceux embarqués dans des produits en tant que composants de sécurité.

L’omnibus numérique n’ajoute finalement pas d’exception à l’enregistrement des systèmes à haut risque

L’AI Act impose d’enregistrer, dans une base de données européenne, les systèmes d’IA à haut risque listés dans l’annexe III (biométrie, infrastructures critiques, emploi, justice…).

La Commission envisageait une exception pour les systèmes dont les fournisseurs ne considèrent pas qu’ils présentent un risque important de préjudice pour la santé, la sécurité ou les droits fondamentaux.

Le Parlement a estimé que leur enregistrement était nécessaire pour la surveillance du marché.

Bureau de l’IA vs autorités nationales : les compétences clarifiées

La Commission, qui héberge le Bureau de l’IA, souhaitait lui donner une compétence exclusive sur certains sujets. Notamment la supervision de l’essentiel des systèmes d’IA basés sur des modèles d’IA à usage général développés par le même fournisseur.

Le Parlement n’a pas voulu lui accorder cette exclusivité. Les autorités nationales (forces de l’ordre, douanes, institutions financières…) resteront compétentes dans certains cas.

Des précisions sur la notion de « composant de sécurité »

Pour la classification « à haut risque », l’AI Act établit des critères cumulatifs. Parmi eux, le fait qu’un système d’IA est utilisé comme composant de sécurité d’un produit que couvre la législation d’harmonisation.

Le Parlement a tenu à préciser qu’une telle intégration n’implique pas forcément que le système d’IA remplit une fonction de sûreté. Ne seront ainsi pas considérées comme telles les fonctionnalités pensées seulement pour l’assistance utilisateur, l’optimisation de performance, l’automatisation ou encore le contrôle qualité d’aspects non liés à la sûreté. Ce aussi longtemps que leur défaillance ne crée pas directement des risques pour la santé ou la sûreté.

Un an de plus pour mettre en place les bacs à sable réglementaires

La Commission avait proposé de permettre le traitement de données sensibles à des fins de détection et de correction de biais.

Cette proposition demeure à l’issue du trilogue. Mais avec une exigence de stricte nécessité.

Autre report : celui des bacs à sable réglementaires. Chaque État membre devait en avoir au moins un opérationnel pour août 2026. L’omnibus repousse l’échéance à août 2027.

Comme le souhaitait la Commission, la mise en conformité avec l’obligation d’étiquetage du contenu généré par IA fait l’objet d’un délai de grâce. Mais finalement de 3 mois et non de 6.

Illustration générée par IA

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AI Insight
Core Point

EU lawmakers agreed to exempt industrial AI from most of the AI Act’s high-risk rules by moving the machinery directive to a less stringent annex, with safeguards added via delegated acts.

Key Players
  • European Council — represents EU member states, Brussels.
  • European Parliament — directly elected EU legislative body, Strasbourg/Brussels.
  • Germany — EU member state that pushed hardest for the industrial AI exemption.
Industry Impact
  • ICT: High — reduces compliance obligations for providers of industrial AI systems.
  • Computing/AI: High — alters the regulatory scope for high-risk AI classification and deployment.
Tracking

Strongly track — this reshapes AI Act enforcement for machinery and sets a precedent for sectoral carve-outs.

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