人工智能:莱昂十四世呼吁“解除武装”

IA : Léon XIV appelle à la « désarmer »

Silicon.fr by Philippe Leroy 2026-05-25 13:14 Original
摘要
教宗良十四世签署关于人工智能的首道通谕《壮丽人性》,与Anthropic联合创始人Christopher Olah共同呼吁对AI进行紧急监管,以应对技术权力集中、大规模失业、虚假信息及致命自主武器等风险。通谕警告AI可能显著缩减就业并放大谎言传播,同时坚决反对由AI做出致死决策,Olah则坦承行业面临商业与地缘压力。此举让良十四世在全球AI伦理辩论中占据核心道德权威地位。

5月25日,梵蒂冈上演罕见一幕:教皇利奥十四世与Anthropic联合创始人克里斯托弗·奥拉赫并肩而坐,面对记者。此前十天,利奥十四世签署了其首份关于人工智能的通谕《Magnifica humanitas》(“伟大的人性”),选择5月15日这一日期,意在呼应135年前利奥十三世为工业革命时代颁布的社会训导《新事》。利奥十四世以此名致敬前任,明确将AI革命视为一场同等量级的人类学挑战。

通谕并未谴责技术,而是抛出根本诘问:“我们在构建什么?”教皇担忧,技术权力已呈现“前所未有、本质为私人所有”的面貌,难以辨识、监管并导向共同福祉,导致排斥、支配与不平等。他敦促紧急出台监管工具,以维护正义、限制技术权力的破坏效应,并追问谁在掌握这种权力、目的何在。

奥拉赫表达了类似看法,罕见作出自我批评:每个顶尖AI实验室都身处商业、地缘政治和个人压力的冲突地带,即便善意的研究者也无法免受这些力量左右。这种坦诚在业内殊为罕见。

通谕从三个层面剖析后果。就业方面,教皇警告可能出现职位的“显著且迅猛”收缩。数据印证了忧虑:自2026年初,美国已有5万个岗位因AI被裁(Challenger, Gray & Christmas数据);法国科法斯与就业观察站研究显示,未来五年16.3%的就业将受冲击。奥拉赫认为,AI大规模替代人类劳动是“真实可能”,支持被替代者将成为“历史性级别的道德义务”。真相方面,教皇担忧ChatGPT、Gemini和Claude等工具将真相碎片化,AI成为虚假信息的倍增器,甚至可能被用来向大众灌输关于人类、世界、家庭乃至上帝的“定制真理”。战争部分最为政治化——利奥十四世强调,致命决定权绝不可交由人工系统,动用致命武力必须处于人类有效、自觉且负责任的掌控之下。这与Anthropic的立场高度契合:该公司曾禁止其模型在无人工干预下执行杀戮,此举激怒特朗普并引发法律纠纷。

奥拉赫欢迎教会的介入,呼吁出现“严肃、深思熟虑的批评者”来对企业形成挑战,并指出三大紧急事项:大规模失业、AI益处的全球公平分享,以及日益不透明AI系统的行为治理。他质问:“AI开发集中在少数富国,如何确保成果惠及全球?”

《Magnifica humanitas》能否重现方济各2015年环境通谕《愿祢受赞颂》的深远影响尚未可知,但它已令利奥十四世跻身AI核心反思之列。学者与政要虽曾涉足此议题,却无人拥有逾十亿信徒的教皇这般普世的道德权威——尤其是一位敢于直面特朗普的教皇。

Summary
Pope Leo XIV signed his first encyclical, Magnifica humanitas, warning about AI’s risks to employment, truth, and lethal warfare, and urging urgent regulation of concentrated private technological power. He appeared alongside Anthropic co-founder Christopher Olah, who echoed concerns over mass job displacement and the moral imperative to share AI’s benefits globally. The historic Vatican meeting positions the Pope as a central moral voice in AI governance, with potential to influence global policy and industry practices.

In an unprecedented scene at the Vatican on May 25, Pope Leo XIV and Anthropic co-founder Christopher Olah sat side by side before journalists, united by a conviction: the most powerful technology of our era cannot be left solely in the hands of its creators. The Pope had just signed *Magnifica humanitas* (“Magnificent Humanity”), his first encyclical on artificial intelligence, dated May 15 — exactly 135 years after Leo XIII’s *Rerum novarum*, the foundational social doctrine for the industrial age. Leo XIV, who took his name in homage to that predecessor, frames AI as an anthropological challenge demanding a comprehensive reflection.

The encyclical does not condemn but interrogates the technology, opening with a simple question: “What are we building?” At its core lies a concern about power: technological power has taken an “unprecedented, essentially private” form, making it “all the more difficult to identify, regulate, and direct toward the common good.” This concentration breeds exclusion, domination, and inequality, Leo XIV argues, calling for urgent regulatory instruments to preserve justice. Olah echoed this, acknowledging that even well-intentioned researchers operate under commercial, geopolitical, and personal pressures that can conflict with the public interest — a rare self-criticism from within the industry.

The encyclical then explores three concrete impacts. On employment, the Pope warns of a significant, rapid contraction of available jobs. Data bolsters the concern: since early 2026, roughly 50,000 US job cuts have been directly attributed to AI, according to Challenger, Gray & Christmas, and a Coface/Observatory study suggests 16.3% of French jobs could be affected within five years. Olah called large-scale AI-driven job displacement a “real possibility” and supporting the displaced “a moral imperative of historic proportions.”

On truth, Leo XIV fears that in the age of ChatGPT, Gemini, and Claude, shared reality fragments; AI acts as a powerful multiplier for disinformation, enabling actors to reshape perceptions of humanity, the world, family, and even God. On war — the most political passage — he insists that lethal decisions must never be delegated to artificial systems and must remain under effective, conscious human control. This mirrors Anthropic’s own hard-fought policy: the company refuses to let its models be used for killing without human intervention, a stance that drew Donald Trump’s ire and sparked a legal battle.

Olah praised the Church’s engagement, noting that AI’s questions “go beyond the AI research community.” He called for “serious, thoughtful critics” to challenge the industry and identified three urgencies: mass job losses, equitable global access to AI’s benefits, and the increasingly opaque behavior of advanced systems. “How do we ensure that the gains are shared globally?” he asked, noting development is concentrated in a handful of wealthy nations.

Whether *Magnifica humanitas* matches the influence of Francis’s 2015 environmental encyclical *Laudato si’* remains to be seen, but it firmly positions Leo XIV at the center of global AI deliberation. While intellectuals and heads of state have tackled the issue, none wields a moral authority as universal as that of a religious leader followed by over a billion faithful — one unafraid to confront Donald Trump.

Résumé
Le pape Léon XIV a présenté sa première encyclique sur l’IA, *Magnifica humanitas*, aux côtés de Christopher Olah, cofondateur d’Anthropic, appelant à une régulation urgente face au pouvoir technologique privé, aux suppressions massives d’emplois et aux menaces sur la vérité et la guerre. L’entreprise réaffirme son refus d’utiliser ses modèles pour des décisions létales sans contrôle humain, en écho à la position du Vatican.

Il y a quelque chose d’inédit dans l’image. Ce lundi 25 mai, au Vatican, un pape et un ingénieur de l’IA sont assis côte à côte face aux journalistes.

D’un côté, Léon XIV, chef de l’Église catholique, qui vient de signer sa première encyclique sur l’intelligence artificielle. De l’autre, Christopher Olah, cofondateur d’Anthropic, l’inventeur de  Claude. Deux mondes réunis par une conviction commune : la technologie la plus puissante de notre époque ne peut pas être laissée aux seules mains de ceux qui la fabriquent.

Le texte, intitulé Magnifica humanitas – « Magnifique humanité » -, a été signé le 15 mai, date choisie avec soin. Cent trente-cinq ans plus tôt, jour pour jour, Léon XIII posait les bases de la doctrine sociale de l’Église avec Rerum novarum, son guide pour les chrétiens face à la révolution industrielle.

Le parallèle est assumé, presque revendiqué. Léon XIV, qui a choisi son nom en hommage à ce prédécesseur, estime devoir offrir au monde une réflexion sur une révolution industrielle et cognitive d’ampleur, celle de l’IA. Une technologie qui pose, selon lui, un défi anthropologique à l’humanité tout entière.

Le pape ne condamne pas la technologie. Il l’interroge. Et la première de ses questions est simple, presque philosophique : « Que sommes-nous en train de construire ? »

Le pouvoir technologique, ce nouvel inconnu

Ce qui inquiète Léon XIV avant tout, c’est une question de pouvoir. Pour lui, le pouvoir technologique a pris « un visage inédit », « essentiellement privé », et se révèle par conséquent « d’autant plus difficile à cerner, à réguler et à orienter vers le bien commun ». Cette concentration entre les mains de quelques-uns engendre, selon lui, de l’exclusion, de la domination et des inégalités.

Sa réponse : une régulation urgente. Il est nécessaire, écrit-il, d’adopter des instruments réglementaires capables de préserver la justice et de limiter les effets perturbateurs du pouvoir technologique. Et de se demander, avec réalisme, qui détient aujourd’hui ce pouvoir et à quelles fins il l’utilise.

Christopher Olah ne dit pas autre chose. Selon lui, chaque laboratoire d’IA de pointe opère dans un environnement de pressions commerciales, géopolitiques et personnelles qui peuvent entrer en conflit avec l’intérêt général. « Même les chercheurs bien intentionnés restent influencés par ces forces », a-t-il reconnu publiquement. Une forme de mea culpa rare dans un secteur peu habitué à l’autocritique.

L’emploi, la vérité, la guerre : trois fronts

L’encyclique déroule les conséquences concrètes de cette révolution sur trois terrains.

L’emploi d’abord. Le pape avertit que dans certains contextes, il est réaliste de craindre une contraction significative et rapide des emplois disponibles. Les chiffres lui donnent raison : depuis début 2026, quelque 50 000 suppressions de postes ont été directement attribuées à l’IA aux États-Unis, selon le cabinet Challenger, Gray & Christmas.

En France, une étude de la Coface et de l’Observatoire des emplois menacés et émergents montre que 16,3 % de l’emploi serait affecté à un horizon de cinq ans. Christopher Olah partage cette préoccupation estimant qu’il existe « une réelle possibilité » que l’IA déplace le travail humain à très grande échelle, et que soutenir les personnes déplacées serait alors « un impératif moral de proportions historiques ».

La vérité ensuite. Léon XIV s’inquiète que la vérité ne soit plus la même pour tous à l’heure de ChatGPT, de Gemini ou de Claude. Si la désinformation n’est pas nouvelle, reconnaît-il, l’IA lui sert de puissant multiplicateur, au risque que ceux qui en disposent convainquent un grand nombre de personnes de ce qu’est la vérité sur l’être humain, sur le monde, sur la famille, voire sur Dieu.

La guerre enfin. C’est sans doute le passage le plus politique du texte. Le pape estime qu’il n’est pas acceptable de confier à des systèmes artificiels des décisions mortelles, et que la décision de recourir à la force létale doit rester sous un contrôle humain effectif, conscient et responsable. Une position qu’Anthropic défend elle-même de haute lutte. La scale-up s’était illustrée en refusant que ses modèles puissent être utilisés pour tuer sans intervention humaine. Une restriction qui avait provoqué l’ire de Donald Trump et enclenché une bataille judiciaire.

Une encyclique pour l’ère de l’IA

Le co-fondateur d’Anthropic a salué l’engagement de l’Église, estimant que les questions soulevées par l’IA « dépassent la communauté des chercheurs en IA ».

Il a appelé à des « critiques sérieux et réfléchis » capables de challenger les entreprises  et a identifié trois urgences : les pertes d’emploi massives, l’accès mondial aux bénéfices de l’IA, et la question des comportements de systèmes de plus en plus opaques. « Le développement de l’IA est concentré dans une poignée de nations riches. Comment s’assurer que ses gains soient partagés mondialement ? », a-t-il lancé.

S’il est difficile de savoir si Magnifica humanitas aura le même impact que Laudato si’, l’encyclique de François sur l’environnement publiée en 2015, il est certain que ce texte confère à Léon XIV une place centrale dans les réflexions en cours sur l’IA.

Des intellectuels et des chefs d’État ont pris ce sujet à bras-le-corps, mais aucun ne dispose d’une autorité morale aussi universelle que celle d’un chef religieux suivi par plus d’un milliard de fidèles. Et qui, de surcroît, n’a pas peur de se frotter à Donald Trump.

Image : © Vatican Media

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AI Insight
核心要点

教皇利奥十四世发布首份关于人工智能的通谕,呼吁紧急监管、就业保护、捍卫真相及禁止自主致命武器,凸显AI伦理治理的全球紧迫性。

关键参与者
  • 利奥十四世教皇 — 天主教会领袖,位于梵蒂冈,发布AI通谕《Magnifica humanitas》。
  • Christopher Olah — Anthropic联合创始人,开发Claude模型,位于美国旧金山,公开支持教皇立场。
  • Anthropic — AI安全公司,位于美国旧金山,主张禁止AI被用于无人类干预的致命决策。
行业影响
  • ICT:高 — AI监管呼吁直接影响全球科技政策与平台责任。
  • 计算/AI:高 — 通谕聚焦AI权力集中、就业替代、信息操纵及军事化,重塑行业伦理框架。
  • 终端/消费电子:中 — 生成式AI产品如ChatGPT、Claude面临更严的真相与偏见审查。
追踪建议

【强烈关注】 — 教皇道德权威加Anthropic技术背书,可能加速国际AI监管立法,并影响AI军事应用规则。

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2026-05-25 17:02
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