C’est le grand retour des CPU et de la mémoire à l’ère de l’IA agentique.
Après l’euphorie autour de l’IA générative et l’explosion de la demande de GPU, les CPU et les mémoires reprennent de la valeur en Bourse comme dans les comptes d’exploitation.
Intel, AMD et Micron profitent d’un même mouvement de fond : la montée en puissance de l’IA agentique, des data centers et de la demande en capacités de calcul plus équilibrées.
Le marché croyait les processeurs classiques relégués derrière les GPU, indispensables à l’entraînement des modèles d’IA. Mais la montée des agents d’IA change la donne. Il faut désormais orchestrer davantage de tâches, de flux et d’inférences, ce qui redonne de l’importance aux CPU dans les datacenters.
Intel résume ce virage en affirmant que le ratio entre CPU et GPU dans certains usages est passé de 1 pour 8 à 1 pour 4, avec un mouvement qui pourrait encore favoriser les processeurs. AMD partage cette lecture et a relevé sa prévision de croissance du marché des CPU à 35 % par an en moyenne d’ici à 2030.
Ce rebond repose surtout sur les datacenters, où les CPU utilisés pour l’IA prennent le relais d’une activité PC plus molle.
Intel a aussi relevé ses prix, réorienté sa production vers les Xeon et tenté de reprendre la main sur le plan industriel avec sa nouvelle gravure 18A. En revanche, son bilan financier reste fragile avec des marges qui remontent lentement et une activité historique du PC qui demeure peu dynamique.
Les CPU reviennent au centre du jeu
AMD profite lui aussi du retournement, mais avec une dynamique plus lisible sur les ventes que sur la seule cote boursière. Au premier trimestre 2026, le groupe a annoncé 10,3 milliards $ de chiffre d’affaires, en hausse de 38 % sur un an, dont 5,8 milliards $ pour les puces serveurs Epyc et les GPU Instinct, soit une progression de 57 % sur un an.
Cette activité data center représente désormais 56 % des revenus d’AMD, ce qui montre sa dépendance à l’IA pour sa croissance.
Micron n’est pas un fabricant de processeurs au sens strict, mais sa trajectoire est liée au même cycle. Les mémoires sont devenues un goulot d’étranglement de l’IA, et le marché récompense les fournisseurs capables d’accompagner l’explosion des serveurs et des accélérateurs.
En 2025, Micron a été l’un des plus gros gagnants du secteur technologique en Bourse, porté par la demande en puces mémoire complémentaires des GPU utilisés dans l’IA. Autrement dit, le rebond concerne l’ensemble de l’écosystème qui permet de les alimenter en bande passante et en stockage rapide.
Ce mouvement n’efface pas les fragilités. Intel reste l’acteur le plus exposé à l’exécution de sa feuille de route, AMD doit transformer sa bonne dynamique commerciale en gains de parts de marché durables, et Micron reste très cyclique malgré la demande liée à l’IA.
Mais pour l’instant, les marchés ont tranché : les processeurs et la mémoire ne sont plus des segments « secondaires ». Ils redeviennent des actifs stratégiques, soutenus par une nouvelle phase de l’IA où la capacité à orchestrer les calculs compte autant que la puissance de calcul elle-même.
The post Le grand retour des CPU et de la mémoire à l’ère de l’IA agentique appeared first on Silicon.fr.